Un groupe de parole sur le veuvage se trouve auprès de cinq familles de structures : Dialogue & Solidarité (OCIRP), réservée aux conjoints survivants ; les associations de deuil comme Empreintes ou les antennes JALMALV ; les rencontres entre personnes veuves de Happy End, dites « Petites Veuvries entre amies » ; le mouvement chrétien Espérance et Vie ; et les relais de proximité (CCAS, Caf, services de soins palliatifs). La plupart sont gratuits, et presque tous prévoient un entretien individuel avant l’entrée en groupe.
Nous avons recensé ces dispositifs en octobre 2026, décrit ce qui se passe concrètement pendant une séance et rassemblé les rares témoignages publics disponibles, parce que c’est souvent cette inconnue-là qui retient de décrocher le téléphone.
Où trouver un groupe de parole pour veufs et veuves près de chez vous ?
Commencez par le numéro vert de Dialogue & Solidarité, association loi 1901 créée en 2004 par l’OCIRP et consacrée aux seules personnes veuves. Si aucun de ses lieux n’est proche, l’annuaire national des associations d’accompagnement du deuil publié par Empreintes permet de chercher par région. Les relais municipaux complètent la carte.
| Dispositif | Public visé | Format | Comment entrer en contact |
|---|---|---|---|
| Dialogue & Solidarité (OCIRP) | Uniquement les personnes veuves | Entretien individuel puis groupe de parole ; 15 espaces et 18 lieux d’accueil en France métropolitaine, d’après le site de l’association en octobre 2026 | Numéro vert national 0 800 494 627, service et appel gratuits |
| Empreintes (ex-Vivre son deuil, créée en 1995 par le psychiatre Michel Hanus) | Tous les deuils, tout âge, toute cause de décès | Écoute téléphonique, entretiens individuels et familiaux, groupes d’entraide, annuaire national des structures | Ligne d’écoute 01 42 38 08 08 ; annuaire sur le site de l’association |
| Associations JALMALV locales | Tous les deuils, approche laïque | Groupes d’entraide co-animés par des bénévoles formés au deuil, cafés-deuil, entretiens | Annuaire des associations sur le site de la fédération JALMALV |
| Happy End — « Petites Veuvries entre amies » et « Veuvries entre ami·e·s » | Veuvage précoce, moins de 55 ans ; séances réservées aux femmes ou mixtes selon les rendez-vous | Visioconférence thématique (1 h 30 à 2 h, places limitées) et rencontres en présentiel, à Nantes et à Paris notamment | Agenda et inscription en ligne sur le site de l’association ; participation gratuite |
| Espérance et Vie | Personnes veuves, cadre chrétien ; ouvert aux veufs depuis 2000 | Rencontres mensuelles d’équipes locales de cinq à dix personnes, journées diocésaines, week-ends | Mouvement rattaché à la Pastorale des familles ; passer par votre diocèse |
| Associations départementales de conjoints survivants (fédérées par la FAVEC) | Veufs, veuves, parents d’orphelins | Permanences, entraide, aide aux démarches de succession et de réversion, sorties | Association de votre département, via la mairie ou le CCAS |
| Relais de proximité | Variable | Groupes ponctuels, parfois co-animés par une psychologue | CCAS, Caf de votre département, service de soins palliatifs de l’hôpital qui a accompagné votre conjoint |
Les coordonnées et les lieux changent régulièrement. Vérifiez auprès de la structure avant de vous déplacer : plusieurs antennes fonctionnent avec des bénévoles et ouvrent ou ferment des groupes selon les inscriptions.
Comment se déroule une séance de groupe de parole sur le veuvage ?
Une séance réunit un petit nombre de participants, le plus souvent moins d’une dizaine, autour d’un ou deux animateurs formés. On s’assoit en cercle, l’animateur rappelle la règle de confidentialité, puis chacun parle s’il le souhaite. Personne n’est interrogé, personne n’est corrigé, personne ne donne de conseil à la place de l’autre. Comptez environ deux heures.
Chez Dialogue & Solidarité, l’accompagnement est présenté par l’association comme un parcours en trois temps : prise de contact avec une référente, entretien individuel, puis groupe de parole. Chez JALMALV, le texte de référence de la fédération sur l’accompagnement du deuil prévoit que les groupes soient co-animés par des bénévoles ayant suivi les modules de formation au deuil. Dans les deux cas, l’animateur n’est pas là pour commenter votre parcours, mais pour que la parole circule sans que personne ne prenne toute la place.
Deux choses étonnent souvent à la première séance. La première : le silence y est admis. On peut venir, écouter, repartir sans avoir dit un mot, et revenir la fois suivante. La seconde : on y rit parfois. Un groupe de veuvage n’est pas une veillée funèbre prolongée ; il s’y raconte aussi des anecdotes, des absurdités administratives, des maladresses de l’entourage.
Que racontent celles et ceux qui y sont allés ?
Les témoignages publics sont rares, et c’est logique : ces rencontres reposent sur la confidentialité. Ceux qui existent disent à peu près la même chose : on y aborde des sujets très ordinaires, ceux dont l’entourage ne veut plus entendre parler. Nous ne reproduisons ici que des propos déjà publiés et attribuables.
Perrine, devenue veuve à 40 ans, co-organise à Nantes les rencontres en présentiel issues des Petites Veuvries. Interrogée par France 3 Pays de la Loire, elle décrit le contenu des séances en une phrase : « Dans ces rencontres, on aborde différents sujets : les enfants, les premières vacances, le travail. » Elle précise que les participantes de son groupe ont entre 28 et 56 ans, et qu’on y évoque aussi, plus rarement, l’envie de rencontrer quelqu’un d’autre.
Son parcours illustre le ressort principal de ces dispositifs. Elle a d’abord participé aux séances organisées en visioconférence par l’association nationale Happy End, avant de proposer à une autre participante de les transposer en présentiel : « Très vite, je lui ai demandé si elle voulait en organiser en présentiel avec moi pour rencontrer d’autres veuves. » Le mot qui revient n’est pas « thérapie », c’est « rencontrer ».
Cette fonction sociale est assumée par les associations elles-mêmes. Dans son livre blanc de 2022, Empreintes rappelle la conviction fondatrice de Michel Hanus : il s’agit de « re-socialiser le deuil », c’est-à-dire de lui redonner une place dans la vie collective au lieu de le confiner au domicile.
Faut-il un entretien avant d’intégrer un groupe ?
Oui, dans la grande majorité des structures sérieuses. Dialogue & Solidarité annonce un accompagnement en trois temps dont l’entretien individuel constitue la deuxième étape. La fédération JALMALV indique de son côté que la personne endeuillée doit avoir un entretien avec les animateurs avant d’entrer dans un groupe. Cet entretien n’est pas un examen de passage.
Il sert à deux choses. D’une part, vérifier que le format collectif correspond à ce dont vous avez besoin à ce moment précis : un deuil très récent, un épuisement physique ou une détresse aiguë appellent d’abord un suivi individuel. D’autre part, composer des groupes cohérents, pour éviter qu’une personne veuve depuis trois semaines se retrouve seule face à des participants qui cheminent depuis deux ans.
C’est aussi votre moment pour poser vos propres questions : fréquence des séances, nombre de participants, mixité, durée d’engagement. Rien ne vous oblige à confirmer votre venue à l’issue de ce rendez-vous.
Un groupe de parole sur le veuvage est-il payant ?
L’accompagnement proposé par Dialogue & Solidarité est gratuit, financé par l’OCIRP et ses partenaires de la protection sociale. Les lignes d’écoute nationales le sont également, hors coût éventuel de l’appel, et les rencontres de Happy End sont annoncées comme gratuites. Les associations locales de deuil demandent en revanche le plus souvent une adhésion annuelle.
Les montants restent modestes, de l’ordre de quelques dizaines d’euros par an. Pour donner un repère concret : l’association Pourtant la Vie, qui anime des groupes d’entraide pour personnes endeuillées, affiche une adhésion annuelle de 15 euros et une participation de 10 euros pour l’année, l’entretien préalable et les séances étant gratuits. Ces chiffres valent pour cette structure seulement : demandez les vôtres au téléphone, et demandez aussi s’il existe un tarif réduit.
Un groupe animé par un psychologue en cabinet privé relève d’une autre logique tarifaire et n’est généralement pas remboursé par l’Assurance maladie. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle, certaines prévoient un forfait pour le soutien psychologique.
Groupe de parole, suivi psychologique ou café-deuil : lequel choisir ?
Les trois ne traitent pas la même chose. Le groupe de parole repose sur l’effet d’horizontalité : entendre quelqu’un dire ce que vous n’osiez pas formuler. Le suivi individuel travaille votre histoire propre, à votre rythme. Le café-deuil est un format ouvert, sans inscription ni engagement, utile pour tester l’idée de parler en présence d’autres personnes.
| Format | Ce qu’il apporte | Ses limites | Quand le privilégier |
|---|---|---|---|
| Groupe de parole | Sortir de l’isolement, reconnaître son vécu chez d’autres | Rythme espacé, pas de travail sur votre histoire singulière | Quand l’entourage ne comprend plus ou n’écoute plus |
| Suivi individuel (psychologue, psychiatre) | Travail approfondi, cadre confidentiel, rythme ajustable | Coût, délais de rendez-vous | Deuil compliqué, dépression, troubles du sommeil durables |
| Café-deuil, permanence d’écoute | Aucun engagement, accès immédiat | Groupe mouvant, pas de suivi dans la durée | Pour essayer avant de s’engager dans un groupe fermé |
Ces formats se cumulent. Rien n’interdit de suivre un groupe mensuel tout en voyant un psychologue. Si la tristesse s’accompagne d’idées noires, d’un amaigrissement ou d’une incapacité à assurer le quotidien plusieurs mois après le décès, parlez-en à votre médecin traitant : un groupe d’entraide ne remplace pas un avis médical.
Et s’il n’y a aucun groupe près de chez vous ?
Trois solutions de repli existent. Les entretiens individuels par téléphone, que Dialogue & Solidarité propose aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer. Les rencontres en visioconférence, comme les Petites Veuvries de Happy End, nées en septembre 2021 et toujours programmées à l’automne 2026. Et les espaces d’échange en ligne animés par des associations de personnes veuves, telles Veuvage Réconfort.
Avant de conclure qu’il n’y a rien, passez par trois guichets souvent oubliés : le CCAS de votre commune, qui connaît le tissu associatif local ; votre Caf, car plusieurs caisses départementales publient un guide deuil et orientent vers des groupes d’entraide ; et l’équipe de soins palliatifs ou le service hospitalier qui a accompagné votre conjoint, qui dispose presque toujours d’une liste de relais.
Questions fréquentes
Est-on obligé de parler pendant un groupe de parole ?
Non. Le silence fait partie du cadre et les animateurs ne sollicitent personne de force. Beaucoup de participants passent une ou deux séances à écouter avant de dire quoi que ce soit. L’engagement porte sur la présence et la confidentialité, pas sur la prise de parole.
Combien de temps après le décès peut-on rejoindre un groupe ?
Il n’existe aucun délai réglementaire. Certaines personnes appellent dans les semaines qui suivent, d’autres trois ans plus tard, parfois après avoir tenu debout pour les enfants. Les associations accueillent les deuils récents comme les deuils anciens, et l’entretien préalable sert précisément à ajuster le moment. Si vous hésitez, un entretien individuel vous engage à moins qu’un groupe.
Peut-on rejoindre un groupe si l'on vivait en concubinage ou en Pacs ?
Oui dans la plupart des associations de deuil, qui accueillent sans condition de statut matrimonial. Les structures historiquement tournées vers les conjoints survivants mariés peuvent en revanche avoir des pratiques différentes pour l’aide aux droits de succession ou de réversion, qui dépendent du statut. Posez la question dès le premier appel, elle n’a rien d’indélicat.
Les groupes sont-ils mixtes, hommes et femmes ?
La plupart le sont, même si les femmes y sont nettement plus nombreuses, reflet de la réalité démographique du veuvage. Certaines associations proposent des rendez-vous non mixtes ou par tranche d’âge : Happy End distingue ainsi ses Petites Veuvries, réservées aux femmes, de ses Veuvries entre ami·e·s, mixtes. Si être le seul homme vous freine, dites-le lors de l’entretien préalable.
Ce que je dirai restera-t-il confidentiel ?
La confidentialité est la règle de base rappelée à chaque séance : rien de ce qui est dit dans la pièce n’en sort. Les associations ne communiquent pas la liste de leurs participants et n’informent pas les familles. Si vous craignez de croiser une connaissance, un groupe situé dans une commune voisine résout souvent le problème.
Ce qu’il faut retenir
Un seul appel suffit à savoir ce qui existe autour de chez vous : le numéro vert de Dialogue & Solidarité pour le veuvage en particulier, la ligne d’écoute d’Empreintes et son annuaire national pour le reste, Happy End si vous avez moins de 55 ans, le CCAS et la Caf pour les initiatives locales. L’entretien individuel qui précède l’entrée en groupe ne vous engage à rien, et c’est le moment de poser toutes vos questions sur le déroulé, le coût et la composition du groupe. Les informations de cet article ont été vérifiées en octobre 2026 auprès des sites des associations citées ; les lieux, horaires et tarifs évoluent, confirmez-les avant de vous déplacer.